Rendement passif : trier le réel du marketing
Le « rendement passif » est le territoire le plus miné de l’écosystème crypto : c’est là que le vocabulaire du placement rencontre les mécaniques du risque de contrepartie. Trois questions suffisent pourtant à trier.
Première question : d’où vient le rendement ? Tout rendement a une source — des frais payés par quelqu’un, un service rendu au protocole, une prime de risque. Si la source est introuvable ou circulaire (le rendement payé par l’arrivée des suivants), la réponse est déjà connue.
Un rendement dont vous ne savez pas expliquer l’origine est un risque dont vous ne connaissez pas le prix.
Deuxième question : qui porte le risque, et lequel ? Risque de protocole, de contrepartie, de liquidité, de dépeg, de juridiction. « Sans risque » n’existe pas ; « à risque maîtrisé » signifie : identifié, borné, accepté en connaissance de cause. C’est la formulation que nous employons, et elle n’est pas cosmétique.
Troisième question : que se passe-t-il dans le pire cas ? Pas le cas défavorable — le pire. Perte totale de la poche ? Blocage temporaire ? Si la réponse au pire cas n’est pas survivable pour le portefeuille, la taille est mauvaise, quel que soit le rendement affiché.
Dans le cercle, chaque approche de rendement est documentée selon cette grille, ligne à ligne, avec ses conditions de sortie. Ce qui ne passe pas la grille ne rentre pas — quel que soit le chiffre en vitrine.